LES DATES CLES DU TOURISME EQUITABLE

En 2024, le Label Tourisme Equitable porté par l’ATES fête ses 10 ans d’existance ! Retour sur les dates clefs  du tourisme équitable, depuis les origines du commerce équitable dans les années 60 à aujourd’hui.

1964 - 2006 : Naissance du commerce équitable et structuration des réseaux internationaux et français

1964 : A la Conférences des Nations Unies sur le Commerce et le Développement qui se tient à New Delhi, les pays non-alignés du Sud réclament “du commerce, pas de la charité” (Trade, not Aid). Le commerce équitable vise à rompre avec la logique d’assistance et de charité en changeant les règles du commerce mondial et en renforçant les organisations locales.

Années 50-70 : Naissance aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en France de plusieurs réseaux associatifs de boutiques visant à favoriser les ventes de producteurs de pays du Sud défavorisés. Avant d’être commercial, l’objectif est politique et éducatif, et vise la prise de conscience par le public des conditions de vie dans les pays du Sud et de l’inégalité des échanges internationaux.  Le commerce équitable vise à permettre aux petits producteurs de vivre dans la dignité, non pas sur la base d’une relation d’assistance, mais de son travail payé à prix juste. C’est la clé d’un véritable développement, respectueux des humains et de leur environnement.

Années 80-2000 : Accélération et structuration du mouvement avec la création de divers labels de commerce équitable, notamment le label Fair Trade Max Havelaar, qui naît en 1988 aux Pays-Bas. L’objectif est de faire sortir le mouvement de la confidentialité en mettant les produits issus du commerce équitable à disposition du plus grand nombre de consommateurs, via les circuits classiques de la grande distribution, tout en leur donnant suffisamment de repères et d’informations. L’objectif est de faire entrer les produits issus du commerce équitable dans les habitudes normales de consommation du grand public. Grâce à cette stratégie, les ventes du commerce équitable connaissent un essor fulgurant. La Plateforme Française du Commerce Equitable (aujourd’hui Commerce Equitable France) est fondée en 1998. Depuis les années 2000, la notoriété du commerce équitable ne cesse d’augmenter et les produits issus du commerce équitable sont de plus en plus diversifiés.

1990 : Le mot écotourisme apparait pour la première fois dans les dictionnaires au début des années 80 pour désigner le « tourisme vers des zones d’intérêt écologique notamment pour soutenir les efforts de conservation et observer la faune sauvage ». En 1990, Megan Epler Wood, professeure à Harvard et autrice de nombreux livres sur le sujet, propose une définition qui sera dorénavant la plus communément admise et utilisée: « une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien-être des populations locales. ». Cette nouvelle définition met en lumière l’importance de la participation et du bien-être de la population locale, qui sont à la base du tourisme équitable.

1999 : Création d’un réseau international pour promouvoir le commerce équitable dans le tourisme : International Fair Trade in Tourism Network (qui n’est plus en fonctionnement aujourd’hui), comprenant des opérateurs touristiques, des universitaires et des ONG, du Nord comme du Sud.  Le réseau établit une première définition internationale du tourisme équitable.

2000 : En Afrique du Sud, une initiative pilote de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) est mise en place, dans le but de tester la faisabilité de la mise en œuvre d’une certification de tourisme équitable dans le contexte sud-africain. L’expérimentation donne lieu à la création de Fair Trade Tourism qui labélise et promeut des hébergements touristiques en Afrique du Sud et dans les pays voisins.

2001 : Création d’un groupe de travail informel au sein de l’Union Nationale des Associations de Tourisme et de plein air (UNAT), rassemblant des organisations de tourisme se réclamant du tourisme solidaire, le mot « solidaire » faisant ici référence à la solidarité Nord-Sud.

2002 : Rapprochement de ce groupe de travail avec la Plateforme Française pour le Commerce Equitable, actuellement Commerce Equitable France, pour élaborer conjointement une charte du tourisme équitable.

2003 : Elaboration d’une première « grille d’identification des voyages du tourisme solidaire » par le groupe de travail, avec le soutien de représentants des ministères du tourisme et des affaires étrangères, de chercheurs, et d’ONG.

2005 : La définition du tourisme durable apparait pour la première fois sur la scène internationale, avec la publication par l’Organisation Mondiale du Tourisme (aujourd’hui ONU Tourisme) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEP) du guide «Making Tourisme More Sustainable. A Guide for Policy Makers», présentant 12 principes du tourisme durable.

2005 : En France, l’Assemblée nationale définit le commerce équitable et ses grands principes dans la loi 3 août 2005 à l’article 60-2. La France est un des rares pays où le commerce équitable est défini légalement.

2006 : Création de l’Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire (ATES)

2006 : Création de l’Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire (ATES), sous l’égide de l’UNAT, de Loisirs Vacances Tourisme (LVT – aujourd’hui disparue) et de Commerce Equitable France. Les 12 associations fondatrices sont sélectionnées sur la base de la «grille d’identification des voyages du tourisme solidaire».

2007 : Formalisation d’une « Charte du tourisme équitable et solidaire » et renforcement de la grille d’évaluation, qui apprécie désormais non seulement les voyages mais aussi le fonctionnement du voyagiste. La grille d’évaluation de l’ATES comprenait alors 10 critères et 29 indicateurs, dans les 3 grands champs d’évaluation suivants : 1. organisation du voyage, 2. politique de communication, transparence et sensibilisation des voyageurs du tourisme équitable et solidaire, 3. mesures en faveur du développement.

2008 : L’ATES participe à la création du réseau européen EARTH (European Alliance for Responsible Tourism & Hospitality) avec un projet de partage des engagements et d’échanges sur l’évaluation du tourisme responsable à l’échelle européenne. Ce réseau a fusionné en 2017 avec Bureau International du Tourisme Social pour créer l’Organisation Internationale du Tourisme Social (ISTO), présente dans 46 pays, pour promouvoir auprès des pouvoirs publics « un tourisme pour tous, durable et solidaire ».

2009 – 2011 : Un programme de recherche-action, soutenu par la région Ile-de-France permet à l’ATES de construire une méthodologie d’évaluation singulière,  sur le modèle des évaluations entre pairs préconisées par la World Fair Trade Organisation : les Evaluations Internes Croisées. Co-construite avec les partenaires dans les destinations à la suite de plusieurs missions terrain au Pérou, Maroc et en Afrique de l’Ouest, cette approche est avant tout qualitative et a comme objectif d’accompagner l’amélioration des pratiques de tourisme équitable.

2012 – 2013 :  À la suite des premières évaluations, de nombreuses améliorations sont progressivement apportées au processus des évaluations internes croisées de l’ATES: participation des membres associés au comité d’évaluation, réalisation d’entretiens en plus de l’évaluation documentaire, introduction des contrats d’objectifs pour faire progresser les pratiques. En parallèle, les partage de bonnes pratiques et les outils d’animation du réseau se développent, alors que les évaluations entre pairs renforcent la connaissance et la confiance des membres.

2014 : Naissance du label qui garantit les pratiques des opérateurs

2014 : Pour la première fois les structures évaluées peuvent valoriser leur engagement en apposant le logo « Garantie du tourisme équitable de l’ATES ». Le label est né !

2014 : Entre en vigueur la loi du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire, qui étend la définition du commerce équitable à des relations avec tous les producteurs, y compris en France (le terme commerce équitable était auparavant réservé à des relations avec des pays en développement).

2015 : L’Agence Française de Développement reconnaît le tourisme équitable et solidaire comme une innovation au bénéfice de la solidarité internationale et apporte son concours financier au premier projet triennal de structuration du milieu associatif de l’ATES (projet triennal SMA). Le soutien financier récurrent de la part de l’Agence Française de Développement va permettre notamment le développement des activités de plaidoyer et d’accompagnement des opérateurs de la filière du tourisme équitable et solidaire.

2018 : Une année marquée par 2 innovations importantes ! Le réseau ATES prend la décision de passer d’une méthodologie participative à une méthodologie reposant sur des auditeurs indépendants et d’introduire pour la première fois la menée d’audits de terrain auprès d’un échantillon de partenaires des structures labélisées (échantillonnage de 1 à 3 partenaires audités, selon la taille des organisations candidates). Le principe de la réalisation d’audits non seulement en France mais également sur les destinations est une spécificité unique dans le milieu du tourisme qui mérite d’être soulignée. Ces évolutions renforcent la crédibilité du label auprès du public et des professionnels du secteur, et prépare sa conformité avec la Loi Climat et Résilience de 2021.  Le référentiel d’évaluation est désormais basé sur plus de 50 critères qui attestent les pratiques des opérateurs dans les 3 dimensions suivantes : 1. La gestion de la structure selon les principes de l’économie sociale et solidaire, 2. La qualité de l’activité touristique et 3. L’équilibre et la pérennité des partenariats locaux.

2019 : Publication de la première Etude des impacts du tourisme équitable sur trois territoires : le Pérou, l’Inde et Madagascar. Elle démontre pour la première fois le rôle transformateur du tourisme équitable et solidaire dans la transition écologique et sociale, avec des effets positifs sur la répartition des retombées économiques et le renforcement des organisations des communautés d’accueils et la revitalisation des pratiques culturelles et environnementales.

2020 : La crise pandémique de la Covid-19 met un coup d’arrêt brutal et durable aux voyages internationaux. Alors que l’année 2019 avait été marquée par une croissance sans précédent, la pandémie a eu pour conséquence une diminution de 80% des voyageurs et du chiffre d’affaires de la filière en 2020 et 2021, avant une reprise progressive en 2022 et 2023. Les voyagistes équitables et leurs partenaires dans les destinations ont été considérablement fragilisés et certains ont cessé définitivement leurs activités. Pendant la crise, l’ATES a recentré ses efforts sur l’accompagnement de ses membres, avec des actions relevant du soutien organisationnel, juridique et administratif. Le rôle du collectif dans la résilience de la filière a été de nombreuse fois reconnu par les membres du réseau.

2020 : La Garantie du tourisme équitable de l’ATES se réinvente et change de nom pour devenir le Label Tourisme Équitable, avec une nouvelle identité visuelle. Le Label Tourisme Equitable et son logo deviennent une marque de garantie déposée au niveau de l’Union Européenne.

2020 : Un collectif de réseaux internationaux français, américain, anglais et allemand du commerce équitable publient le Guide international des labels de commerce équitable, l’outil de référence pour mieux comprendre les garanties des labels de commerce équitable, leurs standards, mesures de contrôle et en quoi ils diffèrent des labels de développement durable. Le Label Tourisme Equitable de l’ATES y est analysé et reconnu comme le seul label touristique de commerce équitable au niveau mondial.

2021 : La loi dite Climat et Résilience impose l’intégration de l’environnement dans l’objet du commerce équitable et le recours obligatoire à des labels ou à des systèmes reconnus pour pouvoir apposer le terme « équitable » dans la dénomination de vente des produits.

2021 : Sous l’impulsion de l’ADEME, des critères exigeants concernant la sobriété énergétique ont été introduits dans le référentiel du Label Tourisme Equitable. En parallèle, l’ATES s’allie au GERES pour former les équipes des organisations de la filière et les sensibiliser à la solidarité climatique.

2020 -2022 : La labélisation Tourisme Equitable est désormais ouverte également aux agences réceptives, prestataires d’activités et offices du tourisme accueillant en France et un référentiel spécifique « Accueil France » est créé. Le projet d’expérimentation Fair Breizh débouche sur la labélisation de cinq opérateurs de séjour touristiques en Bretagne à l’été 2022.

2023 : Le réseau ATES a mis en place tout au long de la dernière décennie une démarche collective en faveur du climat largement précurseuse dans le monde des voyages. A la suite des débats lors des Dialogues du Tourisme Equitable 2023, le conseil d’administration de l’ATES a adopté une Feuille de route stratégie climat pour la décennie 2024-2033, visant à accompagner la résilience du tourisme équitable & solidaire vers la transition bas-carbone du tourisme. Il s’agit de la première prise de position commune et d’engagement collectif de cette envergure d’un réseau de voyagistes !

2024 : Lancement de la première étude de capitalisation sur les partenariats de tourisme équitable Nord-Sud Cette étude inédite permettra de mettre en commun l’expérience, les bonnes pratiques et les outils en matière de partenariats équitables développés depuis plus de 20 ans par les membres du réseau ATES.

2025 : Le Label Tourisme Equitable a 10 ans ! L’ATES animera un grand travail collectif pour renforcer la méthodologie et les outils du Label Tourisme Équitable, et intégrer à se critères les prises de positions collectives récentes, notamment sur la transition bas-carbone, la lutte contre le volontourisme, ou encore l’égalité femmes-hommes. Pour continuer à faire du Label Tourisme Equitable un label de référence, à l’avant-garde des enjeux de la transition écologique et sociale !

 

ET DEMAIN ?

Si la reprise post pandémie est désormais confirmée, la filière du tourisme équitable et solidaire est confrontée à de nouveaux défis et les chantiers de l’ATES seront nombreux au cours des prochaines années :

 

  • Valoriser la spécificité des partenariats de tourisme équitable
  • Encourager l’amélioration continue des pratiques des opérateurs touristiques
  • Évaluer les impacts dans les destinations
  • Accompagner la transition bas-carbone

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